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Villes de Caractère


Valence / Tain-L'Hermitage / Romans/Isère -

Romans/Isère


Région Rhône-Alpes
Département: Drôme
Population: 33000 hab
Territoire : km²
Altitude :167 m

L’histoire de Romans La ville de Romans est née de la fondation en 838, près d’un gué sur l’Isère, d’une abbaye par Barnard, archevêque de Vienne. L’église devient collégiale Saint-Barnard. Autour de cette abbaye, marchands et artisans s’installent et développent une puissante industrie du drap, un pont est construit. Il permet la perception d’un péage, ce qui offre des revenus pour la ville. Un marché s’installe autour de la collégiale, il existe encore aujourd’hui sur la place Maurice Faure.
L’enrichissement et l’indépendance de la ville suscitent la convoitise d’un prince local, le Dauphin, qui annexe la cité en 1342. Ce dernier, en 1349, cède ses possessions à la France : le Dauphiné (les départements de la Drôme, de l’Isère et des Hautes-Alpes). L’acte est signé dans la demeure du Dauphin près du Pont Vieux, suivi d’une cérémonie religieuse dans la collégiale Saint-Barnard.
le début de la guerre de Cent Ans entraine la construction d'un second rempart qui englobe les « faux bourgs » : quartiers de la Presle, de la Pavigne et de Saint-Nicolas. Ce rempart commence à être abattu vers 1830. Des vestiges sont encore visibles : une tour rue des Remparts-Saint-Nicolas, les murailles du quai Sainte-Claire et du cimetière Saint-Romain. La porte du dernier rempart devenue inutile est choisie pour accueillir un automate marteleur qui donne l’heure à toute la ville : le Jacquemart. A partir des années 1480, un retournement de conjoncture marque le début d’un demi-siècle de prospérité pour la draperie romanaise, qui s’exporte jusqu’au Proche-Orient. Les drapiers et marchands romanais enrichis se font construire des hôtels particuliers en style gothique flamboyant. Cette période marque encore fortement le paysage urbain du centre historique de Romans.
La deuxième moitié du XVIième renoue avec les catastrophes. Les crises religieuses et sociales atteignent leur paroxysme lors du Carnaval sanglant de 1580. Au cours des deux siècles suivants, l’industrie du drap disparaît tandis qu’émergent la tannerie et la soie. Pendant cette période, la ville se couvre de couvents et de monastères (Capucins, Récollets, Ursulines, Saint-Just). Le couvent de la Visitation, construit par étapes entre le XVIIième et le XIXième, abrite depuis 1971 le Musée international de la Chaussure, ainsi que le Musée de la Résistance et de la Déportation. Au XVIIième siècle, le « Bourg du Péage », sur l’autre rive de l’Isère, devient une communauté indépendante.
En décembre 1788, les Etats du Dauphiné, assemblée de la province, s’ouvrent dans le couvent des moines Cordeliers ; leurs propositions préparent les Etats généraux de Versailles en 1789. Les idées qu’ils énoncent sont déjà celles de Liberté et d’Egalité.
Emergence de l’industrie de la chaussure
Après 1850, l’économie et la société romanaises subissent leur mutation majeure avec le développement de l’industrie de la chaussure pour laquelle travaillent, en 1914, 5 000 ouvriers et ouvrières, à l’origine d’un mouvement syndical puissant. Dès la fin du XIXième siècle, Joseph Fénestrier impose la première marque de chaussure, « UNIC ». La ville change. La population atteint 10 000 habitants, les remparts sont démolis, les quais construits, le chemin de fer attire de nombreux ateliers de chaussures. A l’est, le long de l’avenue Gambetta, s’édifient la caserne Bon, le collège, des demeures louées aux officiers.
Après la Première Guerre mondiale, dans les années 1920, l’industrie de la chaussure bénéficie alors d’une certaine prospérité, la population compte 17 000 habitants ; la poussée urbaine s’exerce vers le nord, au-delà de la voie ferrée. L’église Notre-Dame de Lourdes est construite en 1937, dans le style « gothique moderne » où se retrouve un certain style colonial.
La crise mondiale des années 1930 est particulièrement dramatique pour la chaussure de Romans, qui vivait en partie des exportations. La création d’une grande foire économique, en 1930, apparaît comme l’un des palliatifs.
Après la seconde guerre mondialz, l’industrie de la chaussure redevient florissante, en particulier avec Charles Jourdan qui crée des magasins dans le monde entier ; elle emploie 4 000 salariés. La population continue à croître, de 20 000 habitants en 1945 à 30 000 en 1968. Pour les accueillir, de nouveaux quartiers se couvrent d’immeubles comme la cité HLM de la Monnaie, où vivent jusqu’à 8 000 personnes. Des zones pavillonnaires remplacent les terres agricoles tout autour de la ville.
Crise et nouvelles industries
Mais à partir de 1974, la crise désorganise profondément la mono-industrie de la chaussure : la concurrence étrangère lui est fatale. De nombreuses entreprises ferment, entraînant des centaines de licenciements : en 25 ans, les effectifs passent de 4 000 salariés à un millier. Déclin également pour la grande tannerie industrielle : seules subsistent la Tannerie Roux, l’une des plus anciennes de France, et la société de Tannerie Chaix. Face à ces mono-industries, une économie de substitution se met lentement en place dès les années 1960 (FBFC : combustible nucléaire, SEIM : équipement automobile, etc....) dans la zone industrielle en bordure du quartier de la Monnaie.
Dans les années 1990 quelques noms défendent encore une production de chaussures de qualité : Jourdan, Kélian, Clergerie. Une nouvelle dynamique commerciale s’annonce avec l’ouverture de « Marques Avenue », un espace de magasins d’usines, dans l’ancienne caserne Bon. L’industrie agroalimentaire est un pôle en plein développement

Voir-Visiter

-le Musée international de la Chaussure
-le Musée de la Résistance et de la Déportation
-La Collégiale Saint-Barnard